Parasites intestinaux, faut-il encore se vermifuger ?
- Marylene Jamaux

- 19 mai
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 3 jours

Dans des temps plus anciens, parce que les humains vivaient en permanence au contact des animaux, se vermifuger était une obligation.
Aujourd’hui, tout laisse à penser que cette pratique est presque tombée dans l’oubli. Pourtant les vers et parasites intestinaux, eux, sont toujours là.
Quels sont ces parasites intestinaux qui nous entourent ?
Les parasites et les vers intestinaux (ou helminthes) sont des organismes vivant et se nourrissant dans le corps de leur hôte humain ou animal. Ils sont retrouvés dans le foie, les poumons, les muscles ou encore le système sanguin selon l’espèce. Mais leur lieu de prédilection est surtout l’intestin. Ainsi, les parasites, leurs larves et leurs œufs sont aussi très présents dans les selles. Cela favorise grandement la propagation des contaminations si l’hygiène des mains fait défaut.
Les vers intestinaux les plus fréquemment présents chez l’humain de nos régions sont :
les oxyures,
les ascaris,
le ténia (vers solitaire),
Comment se retrouve t’on porteur de parasites intestinaux ?
La plupart du temps, c’est par voie buccale que les œufs ou les larves des parasites pénètrent dans l’organisme. Les contaminations surviennent notamment par :
contact des mains avec les sols contaminées (oxyures chez les enfants, dans le sable par exemple),
les aliments mal lavés,
la viande insuffisamment cuite (bœuf ou porc pour le ténia principalement),
l’eau contaminée,
la transmission entre enfants…
La présence d’animaux domestiques, eux-mêmes porteurs de parasites, augmente le risque de contamination notamment en caressant le pelage.
Quels sont les manifestations d’une parasitose ?
Parfois sans signe spécifique, la présence de parasites intestinaux peut passer inaperçue. L’infestation par les oxyures est souvent accompagnée de démangeaisons anales, surtout en fin de journée ou la nuit, ainsi que d’irritabilité ou encore du bruxisme, notamment chez les enfants. La plupart du temps, les manifestations sont plutôt de l’ordre de l’inconfort. Des troubles digestifs tels que douleurs abdominales, nausées, vomissements ou encore perte de poids (ténia) doivent amener à consulter.
Faut-il se vermifuger ?
Oui, si l’utilisation de vermifuge intervient dans une stratégie globale de prévention incluant d’autres règles d’hygiène telles que :
se laver les mains régulièrement et systématiquement notamment :
après être passé aux toilettes ou avoir changé un enfant,
après avoir caressé son animal,
au moment de préparer la nourriture ou de manger des fruits ou légumes crus.
laver à 60° les draps et les vêtements de nuit en même temps que les solutions pour se vermifuger sont mises en place,
garder des ongles propres et courts,
traiter toute la famille en même temps,
bien laver les fruits, les légumes et les aromates s’ils sont consommés crus.
maintenir une bonne hygiène intestinale (transit intestinal régulier, probiotiques si besoin).
Des plantes vermifuges
La pharmacopée met à notre disposition de nombreuses plantes vermifuges. Leurs principes actifs travaillent à l’expulsion des parasites intestinaux en dehors du système digestif en faisant de l’intestin un lieu impropre à leur survie et à leur développement.
Parmi ces plantes, le thym, l’ail, l’armoise ou encore le pépin de courge (ténia) sont les plus connues pour cet usage. Tout en chassant les parasites, elles vont aussi renforcer le système digestif. L’OMS valide d’ailleurs l’usage de l’ail comme « traditionnel » dans le traitement des vers intestinaux.
Ces plantes vermifuges sont disponibles en teinture mère (thym, armoise, pépin de courge, ail) mais aussi en décoction pour une version sans alcool (thym, armoise) par exemple, ou encore sous forme de gélules pour l’ail.
Pour les adultes et les enfants de plus de 12 ans, des préparations mélangeant notamment les huiles essentielles de thym et de cannelle de chine sont également disponibles sous forme de capsules huileuses faciles à utiliser.
La prise dure 10 jours puis elle est renouvelée 2 semaines plus tard afin d’éliminer les vers et leurs larves.
Demander l’avis à un professionnel de santé si besoin et notamment pour les jeunes enfants, si vous êtes enceinte ou si vous prenez un traitement médical. Ne pas consommer les huiles essentielles de thym et de cannelle pures.
Et si les parasites étaient utiles ?
Oui, aussi étonnant que cela puisse paraitre, quelques études ont montré que les vers pouvaient interagir positivement avec le microbiote. Les vers peuvent déclencher et réguler l’immunité en contrôlant l’inflammation ou encore en modifiant la composition du microbiote. Une de ces études suggère la possibilité que les vers intestinaux, en fabriquant des acides gras à courtes chaines, pourraient diminuer l’impact de certaines maladies inflammatoire telles que l’asthme allergique par exemple. Toutefois, ces études sont peu nombreuses. Aussi, en attendant d'en savoir plus, continuons à maintenir l'équilibre dans notre intestin.
Sources :
Phytothérapie sur l'ail :https://www.vidal.fr/parapharmacie/phytotherapie-plantes/ail-allium-sativum.html
Zaiss MM, Rapin A, Lebon L, et al. The Intestinal Microbiota Contributes to the Ability of Helminths to Modulate Allergic Inflammation. Immunity. 2015;43(5):998-1010. doi:10.1016/j.immuni.2015.09.012
Gause WC, Maizels RM. Macrobiota - helminths as active participants and partners of the microbiota in host intestinal homeostasis. Curr Opin Microbiol. 2016;32:14-18. doi:10.1016/j.mib.2016.04.004
Guillot J, Bouree P. Les helminthes transmissibles des carnivores domestiques à l'homme : évaluation des risques et stratégies de prévention [Zoonotic worms from carnivorous pets: risk assessment and prevention]. Bull Acad Natl Med. 2007;191(1):67-81.


Commentaires