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  • Photo du rédacteurMarylene Jamaux

Surpoids... une fatalité ?




Le 20 février dernier, l’INSERM (l’Institut national de santé et de la recherche médicale) publiait son dernier rapport sur le surpoids en France.


Les chiffres sont édifiants et attestent d’une augmentation constante, et de plus en plus rapide, de cette problématique. En France, le surpoids concerne :

  • presque 1 adulte sur 2, soit 47,3 %, dont 17,1 en situation d’obésité (13 % dans le monde),

  • 17% des 6 - 17 ans dont 4% souffrant d’obésité.


D’après le rapport, si le nombre des personnes en surpoids n’a pas tellement évolué depuis les dernières études, c’est celui de la progression de plus en plus rapide de l’obésité qui préoccupe. Entre 1997 et 2020, son taux chez les adultes est passé de 8,5 à 13 % et a notamment été multiplié par 4 chez les 18 – 24 ans.



Substances obésogènes, késazko ?

Si le surpoids, voire l’obésité, résulte avant tout d’un déséquilibre entre une alimentation trop calorique et une activité physique insuffisante, d’autres facteurs entrent aussi en jeu telles que les substances dites « obésogènes ».


Perturbation du métabolisme, modification de la composition de la flore intestinale, altération de l’équilibre hormonal, troubles de la régulation de l'appétit… sont autant de griefs à l’encontre de ces substances dites obésogènes.


Sur le banc des accusés, se retrouvent entre autres :

  • certains additifs alimentaires tels que :

o des exhausteurs de goût (glutamate monosodique (GMS), nitrates et nitrites…),

o des texturants (ou émulsifiants ou épaississants : maltodextrine, polydestrose, carraghénane, la gomme de guar, la lécithine, polysorbate-80…)[1],

o des conservateurs (benzoate de sodium…),

o des édulcorants (aspartame, saccharine, sucralose…),

o des colorants alimentaires (jaune, rouge, bleu, caramel…)[2].


  • les perturbateurs endocriniens, présents dans les produits alimentaires eux-mêmes ou dans leurs emballages :

o bisphénol A (BPA), phtalates, pesticides, métaux lourds…


  • les gras trans ajoutés aux aliments transformés pour prolonger leur durée de conservation. Ils sont accusés de perturber la régulation de l'appétit et d’augmenter l'accumulation de graisse corporelle.



Ce sont surtout dans les préparations transformées, et emballées, riches en gras et/ou en sucres raffinés ou en édulcorants, que se retrouvent ces substances obésogènes et notamment dans :

  • les boissons sucrées ou avec édulcorants (soda, jus de fruits),

  • les pâtisseries, les produits de boulangerie,

  • les snacks salés, les pizzas, les hamburgers, les frites,

  • les sauces, les soupes, les bouillons,

  • les plats cuisinés,

  • les produits de viande transformée (saucisses, charcuterie…),

  • les desserts lactés,

  • les confitures, les gelées…,


Il est important de noter l’effet cumulatif de ces substances. C’est la quantité et la répétition qui aggravent de manière dramatique leur impact sur la santé et en particulier la prise de poids. D’autant que certaines d’entre elles sont aussi présentes dans les produits de beauté par exemple ou ailleurs.



Une rééducation à envisager ?

Les nombreuses campagnes de prévention en lien avec le surpoids ont du mal à porter leurs fruits. Et, chacun de nous sait aujourd’hui plus ou moins ce qu’il y a à faire pour rester en santé. Mais comment s’y mettre quand le cerveau lui-même est affecté dans ses circuits de décision ?


En effet, diminuer ou stopper les aliments incriminés de manière drastique est un moyen efficace d’agir, mais c’est une démarche qui n’est pas aisée. Revenir à une alimentation saine peut sembler bien fade pour un palais habitué à des aliments « renforcés » en stimulateurs de goût.


L’effet « addictif » de ces aliments obésogènes sur le cerveau a, par ailleurs, été mis en évidence dans certaines études. Il se manifeste notamment par des comportements alimentaires compulsifs, une diminution de la motivation et de la récompense.


Les aliments obésogènes sont aussi suspectés de causer une inflammation chronique dans le cerveau (et dans le reste du corps). Celle-ci peut se manifester par des effets négatifs sur la sensation d’éveil et sur l'humeur (dépression). Il est par ailleurs documenté que la consommation régulière d'aliments obésogènes peut augmenter le risque de développer des troubles neurodégénératifs tels que la maladie d'Alzheimer.[3] [4] [5] .


Ainsi, nous sommes tous concernés, en surpoids ou non.



Décider de sa rééducation

L’histoire singulière de Joe Cross peut s’avérer inspirante.[6] Cet entrepreneur australien a, un jour, décidé qu’il allait tout mettre en œuvre pour retrouver la forme et la santé. Il partage son voyage de perte de poids dans un documentaire "Fat, Sick and Nearly Dead".[6]


Accompagné de son médecin, il a réadapté son alimentation en éliminant notamment les aliments transformés et les boissons sucrées. Il a ainsi réussi à retrouver, de manière durable, des paramètres de santé tout à fait correct.


La priorité est donc donnée à un mode alimentaire de type "régime crétois" riche en :

  • fibres, protéines et graisses saines,

  • fruits et légumes frais,

  • noix et graines,

  • légumineuses,

  • viandes maigres et poissons gras…

  • produits frais et biologiques aussi souvent que possible,

Le recours aux emballages en plastique et aux plats préparés sera réduit au maximum. Lire attentivement les étiquettes en cas d’achat de ces derniers.


Bien entendu, l’activité physique fera partie intégrante de cette démarche de « rééducation ».





Pour aller plus loin :

Atelier poids de forme (démarrage le 25 avril prochain).


Sources :

[1] Gerasimidis, K., Bryden, K., Chen, X. et al. The impact of food additives, artificial sweeteners and domestic hygiene products on the human gut microbiome and its fibre fermentation capacity. Eur J Nutr 59, 3213–3230 (2020). https://doi.org/10.1007/s00394-019-02161-8 [2] Synthetic Food Colors and Neurobehavioral Hazards: The View from Environmental Health Research, Bernard Weiss, Published:1 January 2012, https://doi.org/10.1289/ehp.1103827 [3] Morris, M. C., Tangney, C. C., Wang, Y., Sacks, F. M., Bennett, D. A., & Aggarwal, N. T. (2014). MIND diet slows cognitive decline with aging. Alzheimer's & Dementia, 10(4), 593-600. [4] Johnson, P. M., & Kenny, P. J. (2010). Dopamine D2 receptors in addiction-like reward dysfunction and compulsive eating in obese rats. Nature Neuroscience, 13(5), 635-641.

[5] Gearhardt, A. N., Yokum, S., Orr, P. T., Stice, E., Corbin, W. R., & Brownell, K. D. (2011). Neural correlates of food addiction. Archives of General Psychiatry, 68(8), 808-816.

[6] "Fat, Sick and Nearly Dead" Joe Cross, https://www.youtube.com/watch?v=q3I8hK3OqwY

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