• Marylene Jamaux

De la canicule au froid... Prévention d'automne

Dernière mise à jour : 17 oct.





L’automne est arrivé ! Presque brutalement, tant l’écart des températures a été important.


Du très chaud au très frais, c’est le genre de variations qui sollicite notre organisme au plus haut point.


Spontanément, notre corps demande déjà un peu plus de sommeil et le temps que nous passons au grand air tend à diminuer. A l’instar du monde vivant, un ralenti s’opère et un léger repli sur soi-même s’amorce.


Nos envies alimentaires évoluent, elles aussi, vers des menus plus « réchauffants », pourvoyeurs des minéraux nécessaires au maintien de la santé en automne, et plus particulièrement des poumons.


Le temps des champignons, des châtaignes, des choux et des courges est venu. Tout comme celui des graines oléagineuses (noix, noisettes, amandes…), des légumineuses (lentilles, haricots secs…) ou des fruits (pommes…) qui, juste récoltés, seront consommés tout l’hiver.


Selon la médecine traditionnelle chinoise, c’est le bon moment pour s’occuper de l’axe poumons/gros intestin. Ce qui revient notamment à stimuler son immunité en prévision de l’hiver. Pour certains, l’entrée dans l’automne est également synonyme de baisse de moral, voire de tristesse.


Dans une démarche de prévention et de maintien de la santé, 3 axes sont privilégiés :

  • Renforcer le système immunitaire et les défenses des voies respiratoires,

  • Maintenir ses réserves de minéraux et son niveau d’énergie,

  • Nettoyer le corps en douceur.



Renforcer le système immunitaire et les défenses des voies respiratoires

Maintenir ou monter le niveau de défenses des voies respiratoires et du système immunitaire fait bien évidement partie des priorités de la saison. Et cela passe tout d’abord par l’intestin.



L’intestin


L’intégrité de notre paroi intestinale et la composition de notre microbiote (bactéries intestinales) sont les garants de notre immunité.


Cela se manifeste tout d’abord par un intestin qui fonctionne bien, c’est à dire :

  • un transit quotidien et « facile »,

  • une digestion sans douleur,

  • une absence de ballonnement et/ou de gaz.


L’alimentation est la première clé pour entretenir notre intestin. En l'adaptant à la saison, nous garantissons les apports nécessaires au maintien de l’immunité. Cela passe par une alimentation riche en fibres, sources de prébiotiques. Ces derniers sont la nourriture des bactéries formant le microbiote (l’ensemble des bactéries probiotiques).


Plus particulièrement, pour assurer un apport quotidien en fibres prébiotiques, il suffit d’ajouter tous les jours dans les plats, au choix : ail, oignons, poireaux, endives, salsifis, bananes..... En automne (et en hiver), les soupes sont un bon moyen d’apporter des fibres que l’on trouvera par ailleurs dans les fruits, les noix, les légumes, les céréales complètes et les légumineuses.


Si cela semble insuffisant, le microbiote sera renforcé par un apport de bactéries probiotiques directement dans l’intestin sous forme de poudre ou de gélules. Certaines compositions incluent des prébiotiques et des probiotiques.



Les voies respiratoires


Les voies respiratoires, très sollicitées, sont également soutenues, notamment en cas de rhumes ou maux de gorge récurrents.


Ici ce sont les plantes qui interviennent pour renforcer ou soutenir.


Le thym (Thymus vulgaris)

Bien connu pour ses vertus respiratoires, cette plante aromatique est un antibactérien puissant, à la fois antiseptique des poumons et aidant du système immunitaire. En prévention, c’est sous la forme d’une infusion par jour que la prise est favorisée. En cas de rhume ou de bronchite, la dose sera augmentée à 3 ou 4 infusions par jour.



L’echinacée (Echinacea purpurea)

Modulatrice du système immunitaire, elle a la capacité d’augmenter le nombre de globules blancs en circulation. Elle permet aussi de neutraliser les virus et bactéries responsables des maux de saison. Elle rend l’organisme plus résistant face aux risques d’infections des voies respiratoires supérieures. Elle est très indiquée pour les personnes qui sont chaque année sujettes aux infections ORL.



Ces plantes peuvent être prise en infusion, en teinture mère, en poudre (gélules ou forme libre). Dans les herboristeries, des tisanes composées de mélanges de plantes à visée pectorale sont également disponibles.




Les réserves minérales et le niveau d’énergie

Les réserves minérales sont tout d'abord maintenues par une alimentation riche "en vitalité". En cas de nécessité, et comme pour les aliments, la nature met à notre disposition des plantes qui conviennent à nos besoins du moment.


L’ortie piquante (Urtica dioica)

Riche en silice, en protéines, en fer et en micronutriments, c’est un complément de choix en automne. Elle est reminéralisante, basifiante et est appréciée des personnes qui se fatiguent vite. Elle a par ailleurs une légère action dépurative des voies digestives. N’hésitez pas à l’introduire dans les soupes comme nos grands-mères !


C’est sous sa version « feuille » qu’elle est choisie ici. Elle est contre-indiquée si vous êtes sous anti-vitamines K.




Nettoyer le corps en douceur

Pas de système immunitaire performant sans organes émonctoires qui fonctionnent bien.


A l’automne, la racine de pissenlit (Taraxacum officinale) peut être choisie pour assurer cette fonction de nettoyage léger.


Cette plante, très commune de nos jardins, opère une détoxication en douceur des organismes un peu « encrassés » ou sujets à des difficultés digestives passagères (ballonnements). Cet allègement redonne de l’énergie à la personne et à son système immunitaire. Le pissenlit est particulièrement indiqué si vous digérez mal les graisses.





Maintenir l'humeur au beau fixe !

L’automne est aussi pour certain(e)s une période synonyme de baisse de moral. De nombreuses plantes sont alors à notre disposition. Parmi elles, le safran qui s’impose depuis de très nombreuses études comme un incontournable dans la régulation de l’humeur.


Beaucoup plus qu’une simple épice !


Connue pendant longtemps comme l’une des épices les plus chères au monde, le safran (Crocus sativus L.) est, désormais, aussi envisagé pour ses propriétés thérapeutiques remarquables (anti-inflammatoires, antioxydantes, immunorégulatrices…).[1]


Sur le plan digestif, en stimulant le foie, il favorise un fonctionnement harmonieux.


Certaines de ses molécules influent positivement sur la sérotonine et donc sur l’humeur. Des études montrent ses effets antioxydants et de protection sur les neurones. Son efficacité est similaire aux antidépresseurs dans les dépressions légères.[2]


Il est notamment recommandé dans l’insomnie, la fatigue, le surmenage et l’anxiété.


Petit plus : probablement grâce à son action sur la sérotonine, il tend à réduire la fréquence des fringales !




Enfin, une attention toute particulière est gardée sur l’équilibre de l’assiette au quotidien. C'est le bon moment pour introduire les super-aliments si besoin.


Le corps est, par ailleurs, maintenu en mouvement par des marches en plein air d'au moins 30 minutes chaque jour.


Bel automne !








Ces recommandations ne conviennent pas aux femmes enceintes, allaitantes ou aux enfants. Les plantes peuvent présenter des interactions avec les traitements médicamenteux, demander l’avis d’un professionnel si besoin.



[1] Zeinali M, Zirak MR, Rezaee SA, Karimi G, Hosseinzadeh H. Immunoregulatory and anti-inflammatory properties of Crocus sativus(Saffron) and its main active constituents: A review. Iran J Basic Med Sci. 2019 Apr;22(4):334-344. doi: 10.22038/ijbms.2019.34365.8158. PMID: 31223464; PMCID: PMC6535192.

[2] Lopresti AL, Drummond PD. Saffron (Crocus sativus) for depression: a systematic review of clinical studies and examination of underlying antidepressant mechanisms of action. Hum Psychopharmacol. 2014 Nov;29(6):517-27. doi: 10.1002/hup.2434. Epub 2014 Sep 22. PMID: 25384672.

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